séquence "traversée"
LE "PASSAGE DU MILIEU"
Mettre en relation le témoignage autobiographique d’un Africain déporté vers les colonies antillaises et les « instructions » d’un armateur à un capitaine de navire négrier.
texte 1
- Le bateau aux esclaves in Le prince esclave, adaptation d’O. Equiano par Ann Cameron, traduit par Ariane Bataille, Rageot éditeur, 2002. Extraits de la page 43 à la page 49.
C'est ainsi que j'ai voyagé après mon enlèvement pendant six à sept mois, passant de maître en maître, traversant différents pays pour arriver finalement jusqu'à l'océan.
Un bateau au mouillage attendait son chargement. J'étais rempli d'un étonnement qui s'est vite transformé en peur, car on m'a fait monter à bord.
Les hommes de l'équipage avaient une peau bizarre, des cheveux longs, et parlaient une langue très différente de toutes celles que j'avais entendues jusqu'alors. Quelques-uns m'ont donné des coups et m'ont inspecté sous toutes les coutures pour voir si j'étais en bonne santé. J'ai cru me trouver au royaume de mauvais esprits qui allaient me tuer.
J'étais terrifié. J'aurais préféré être dans la peau du dernier des esclaves de mon pays plutôt que dans la mienne ; si j'avais eu dix mille royaumes, je lui en aurais fait cadeau rien que pour échanger mon sort contre le sien.
En jetant un coup d'œil sur le pont, j'ai aperçu un chaudron en ébullition et des hommes noirs enchaînés ensemble, le visage accablé de chagrin. Épouvanté par cette vision, je me suis évanoui.
Lorsque j'ai repris conscience, les Noirs qui m'avaient conduit à bord étaient penchés sur moi. En attendant d'être payés, ils ont essayé de me réconforter. Sans succès.
Je leur ai demandé si ces hommes blancs aux horribles figures rouges et aux longs cheveux allaient me manger.
– Non, m'ont-ils rassuré.
Un homme blanc m'a apporté un peu d'alcool dans un verre mais, terrorisé, je n'ai rien voulu accepter de sa main. Un Noir lui a alors pris le verre pour me le donner ; j'en ai avalé une gorgée. C'était la première fois que je buvais de l'alcool, et j'ai éprouvé une sensation étrange qui m'a plongé dans l'abattement le plus profond.
Peu après, les Noirs qui m'avaient amené sur le pont ont quitté le bateau en m'abandonnant à mon désespoir. Je n'avais plus aucune chance de retourner chez moi, ni même de regagner la terre ferme.
Les hommes d'équipage m'ont fait descendre au fond d'une cale puante. Deux hommes blancs m'ont proposé à manger mais j'ai refusé. Entre l'odeur épouvantable et les larmes qui m'étouffaient, je me sentais si mal que je ne pouvais rien avaler. J'avais juste envie de mourir.
L'un d'eux m'a alors allongé et ligoté les pieds pendant que l'autre me fouettait. Quand ils m'ont relâché, j'ai voulu me jeter à la mer même si je redoutais l'eau et que je ne savais pas nager. Mais de hauts filets tendus le long du bateau m'en ont empêché. D'ailleurs, les marins ne nous quittaient pas des yeux dès que nous n'étions plus enchaînés dans la cale.
Quelques jours plus tard, j'ai vu des Africains sévèrement flagellés pour avoir tenté de sauter à la mer. Et il ne se passait pas une heure sans que le fouet s'abatte sur l'un de nous qui avait refusé de se nourrir. Cela m'est souvent arrivé.
Dès le premier jour, j'ai découvert des gens du Bénin enchaînés dans la cale. Je les ai interrogés :
– Que vont-ils faire de nous ?
– Ils nous emmènent pour nous faire travailler, m'a expliqué un homme.
– Et ils vivent ici, dans ce bateau ?
– Non, ils ont un pays d'hommes blancs, mais il est très loin.
– Comment se fait-il que personne n'ait jamais entendu parler d'eux dans notre pays ?
– lls vivent très très loin, a ajouté un autre homme.
– Où sont leurs femmes ? Est-ce qu'ils en ont ?
– Oui, a répondu le premier homme.
– Pourquoi est-ce qu'on ne les voit pas ?
– Ils les ont laissées chez eux.
– Comment le bateau avance-t-il ?
– Nous ne savons pas très bien. Ils attachent du tissu sur ces grands mâts, avec des cordes. Et le vaisseau avance. En plus, ils peuvent l'arrêter quand ils le veulent, par magie.
Ce récit m'a extrêmement surpris et convaincu que les hommes blancs étaient des esprits d'un autre monde. Il fallait les éviter à tout prix. Pourtant, ils me terrorisaient un peu moins maintenant que je savais qu'ils nous emmenaient pour nous faire travailler. Si c'était tout ce qu'ils voulaient de moi, c'était supportable.
Malgré ce que m'avaient assuré les hommes du Bénin, je craignais souvent d'être mis à mort par ces hommes blancs qui me paraissaient si sauvages. Jamais je n'avais vu personne agir avec une telle cruauté et une telle brutalité.
De temps en temps, lorsque nous étions arrêtés au large d'une côte, nous avions la permission de rester sur le pont. C'est ainsi qu'un jour j'ai vu arriver un grand vaisseau toutes voiles déployées. Dès que les hommes blancs l'ont aperçu, ils ont poussé un grand cri qui nous a effrayés. Plus le vaisseau se rapprochait, plus sa silhouette grandissait. Puis soudain l'ancre a été jetée et il s'est arrêté, comme par magie.
Peu après, des chaloupes sont descendues du bateau et se sont dirigées vers nous. Les gens des deux vaisseaux semblaient très contents de se voir. Plusieurs étrangers nous ont serré la main et nous ont fait des signes. Je suppose qu'ils essayaient de nous expliquer que nous allions partir avec eux, mais nous ne comprenions rien.
Quand le chargement a été terminé, les matelots ont préparé le départ en faisant des bruits effrayants. On nous a fait descendre dans la cale où beaucoup d'entre nous sont morts, victimes de l'avidité de nos acheteurs qui nous avaient tellement entassés que nous pouvions à peine bouger. Les chaînes nous écorchaient la peau. En guise de toilettes, nous n'avions que des bacs dans lesquels des enfants tombaient souvent et manquaient se noyer. Entre les odeurs et la chaleur, l'air est vite devenu irrespirable. Nous étions malades. Nous étouffions. Et cette atmosphère fétide, pestilentielle, vibrait heure après heure des cris des femmes et des gémissements des mourants.
Heureusement pour moi, j'ai frôlé la mort de si près qu'on m'a laissé presque tout le temps sur le pont et mon jeune âge m'a épargné d'être enchaîné. Presque chaque jour, des Noirs à l'agonie étaient montés de la cale. J'espérais moi aussi mourir le plus vite possible. Je pensais souvent que les poissons étaient bien plus heureux que moi. J'enviais leur liberté et j'aurais volontiers échangé mon sort contre le leur.
Plus je les voyais agir et plus je trouvais les hommes blancs cruels. Un jour, ils ont pris au filet une énorme quantité de poissons ; ils en ont mangé autant qu'ils l'ont pu puis ont rejeté le reste à la mer, alors que nous les suppliions de nous en donner quelques-uns. Certains de mes compatriotes affamés ont essayé d'en dérober, mais ils ont été sévèrement fouettés.
Leur cruauté ne s'exerçait pas seulement à l'encontre de nous, les Noirs, mais aussi de leurs semblables. Une fois, un marin blanc a été fouetté à mort et jeté par-dessus bord comme un animal.
Pendant notre voyage, j'ai vu pour la première fois des poissons volants passer par dessus le bateau et certains tomber sur le pont. Pour la première fois aussi, un marin m'a permis de regarder dans un sextant dont j'ignorais l'usage. J'ai vu des nuages poussés par le vent et j'ai pensé qu'ils étaient des terres qui se déplaçaient puis disparaissaient. J'étais persuadé d'être dans un autre monde, un monde empreint de magie.
Un bateau au mouillage attendait son chargement. J'étais rempli d'un étonnement qui s'est vite transformé en peur, car on m'a fait monter à bord.
Les hommes de l'équipage avaient une peau bizarre, des cheveux longs, et parlaient une langue très différente de toutes celles que j'avais entendues jusqu'alors. Quelques-uns m'ont donné des coups et m'ont inspecté sous toutes les coutures pour voir si j'étais en bonne santé. J'ai cru me trouver au royaume de mauvais esprits qui allaient me tuer.
J'étais terrifié. J'aurais préféré être dans la peau du dernier des esclaves de mon pays plutôt que dans la mienne ; si j'avais eu dix mille royaumes, je lui en aurais fait cadeau rien que pour échanger mon sort contre le sien.
En jetant un coup d'œil sur le pont, j'ai aperçu un chaudron en ébullition et des hommes noirs enchaînés ensemble, le visage accablé de chagrin. Épouvanté par cette vision, je me suis évanoui.
Lorsque j'ai repris conscience, les Noirs qui m'avaient conduit à bord étaient penchés sur moi. En attendant d'être payés, ils ont essayé de me réconforter. Sans succès.
Je leur ai demandé si ces hommes blancs aux horribles figures rouges et aux longs cheveux allaient me manger.
– Non, m'ont-ils rassuré.
Un homme blanc m'a apporté un peu d'alcool dans un verre mais, terrorisé, je n'ai rien voulu accepter de sa main. Un Noir lui a alors pris le verre pour me le donner ; j'en ai avalé une gorgée. C'était la première fois que je buvais de l'alcool, et j'ai éprouvé une sensation étrange qui m'a plongé dans l'abattement le plus profond.
Peu après, les Noirs qui m'avaient amené sur le pont ont quitté le bateau en m'abandonnant à mon désespoir. Je n'avais plus aucune chance de retourner chez moi, ni même de regagner la terre ferme.
Les hommes d'équipage m'ont fait descendre au fond d'une cale puante. Deux hommes blancs m'ont proposé à manger mais j'ai refusé. Entre l'odeur épouvantable et les larmes qui m'étouffaient, je me sentais si mal que je ne pouvais rien avaler. J'avais juste envie de mourir.
L'un d'eux m'a alors allongé et ligoté les pieds pendant que l'autre me fouettait. Quand ils m'ont relâché, j'ai voulu me jeter à la mer même si je redoutais l'eau et que je ne savais pas nager. Mais de hauts filets tendus le long du bateau m'en ont empêché. D'ailleurs, les marins ne nous quittaient pas des yeux dès que nous n'étions plus enchaînés dans la cale.
Quelques jours plus tard, j'ai vu des Africains sévèrement flagellés pour avoir tenté de sauter à la mer. Et il ne se passait pas une heure sans que le fouet s'abatte sur l'un de nous qui avait refusé de se nourrir. Cela m'est souvent arrivé.
Dès le premier jour, j'ai découvert des gens du Bénin enchaînés dans la cale. Je les ai interrogés :
– Que vont-ils faire de nous ?
– Ils nous emmènent pour nous faire travailler, m'a expliqué un homme.
– Et ils vivent ici, dans ce bateau ?
– Non, ils ont un pays d'hommes blancs, mais il est très loin.
– Comment se fait-il que personne n'ait jamais entendu parler d'eux dans notre pays ?
– lls vivent très très loin, a ajouté un autre homme.
– Où sont leurs femmes ? Est-ce qu'ils en ont ?
– Oui, a répondu le premier homme.
– Pourquoi est-ce qu'on ne les voit pas ?
– Ils les ont laissées chez eux.
– Comment le bateau avance-t-il ?
– Nous ne savons pas très bien. Ils attachent du tissu sur ces grands mâts, avec des cordes. Et le vaisseau avance. En plus, ils peuvent l'arrêter quand ils le veulent, par magie.
Ce récit m'a extrêmement surpris et convaincu que les hommes blancs étaient des esprits d'un autre monde. Il fallait les éviter à tout prix. Pourtant, ils me terrorisaient un peu moins maintenant que je savais qu'ils nous emmenaient pour nous faire travailler. Si c'était tout ce qu'ils voulaient de moi, c'était supportable.
Malgré ce que m'avaient assuré les hommes du Bénin, je craignais souvent d'être mis à mort par ces hommes blancs qui me paraissaient si sauvages. Jamais je n'avais vu personne agir avec une telle cruauté et une telle brutalité.
De temps en temps, lorsque nous étions arrêtés au large d'une côte, nous avions la permission de rester sur le pont. C'est ainsi qu'un jour j'ai vu arriver un grand vaisseau toutes voiles déployées. Dès que les hommes blancs l'ont aperçu, ils ont poussé un grand cri qui nous a effrayés. Plus le vaisseau se rapprochait, plus sa silhouette grandissait. Puis soudain l'ancre a été jetée et il s'est arrêté, comme par magie.
Peu après, des chaloupes sont descendues du bateau et se sont dirigées vers nous. Les gens des deux vaisseaux semblaient très contents de se voir. Plusieurs étrangers nous ont serré la main et nous ont fait des signes. Je suppose qu'ils essayaient de nous expliquer que nous allions partir avec eux, mais nous ne comprenions rien.
Quand le chargement a été terminé, les matelots ont préparé le départ en faisant des bruits effrayants. On nous a fait descendre dans la cale où beaucoup d'entre nous sont morts, victimes de l'avidité de nos acheteurs qui nous avaient tellement entassés que nous pouvions à peine bouger. Les chaînes nous écorchaient la peau. En guise de toilettes, nous n'avions que des bacs dans lesquels des enfants tombaient souvent et manquaient se noyer. Entre les odeurs et la chaleur, l'air est vite devenu irrespirable. Nous étions malades. Nous étouffions. Et cette atmosphère fétide, pestilentielle, vibrait heure après heure des cris des femmes et des gémissements des mourants.
Heureusement pour moi, j'ai frôlé la mort de si près qu'on m'a laissé presque tout le temps sur le pont et mon jeune âge m'a épargné d'être enchaîné. Presque chaque jour, des Noirs à l'agonie étaient montés de la cale. J'espérais moi aussi mourir le plus vite possible. Je pensais souvent que les poissons étaient bien plus heureux que moi. J'enviais leur liberté et j'aurais volontiers échangé mon sort contre le leur.
Plus je les voyais agir et plus je trouvais les hommes blancs cruels. Un jour, ils ont pris au filet une énorme quantité de poissons ; ils en ont mangé autant qu'ils l'ont pu puis ont rejeté le reste à la mer, alors que nous les suppliions de nous en donner quelques-uns. Certains de mes compatriotes affamés ont essayé d'en dérober, mais ils ont été sévèrement fouettés.
Leur cruauté ne s'exerçait pas seulement à l'encontre de nous, les Noirs, mais aussi de leurs semblables. Une fois, un marin blanc a été fouetté à mort et jeté par-dessus bord comme un animal.
Pendant notre voyage, j'ai vu pour la première fois des poissons volants passer par dessus le bateau et certains tomber sur le pont. Pour la première fois aussi, un marin m'a permis de regarder dans un sextant dont j'ignorais l'usage. J'ai vu des nuages poussés par le vent et j'ai pensé qu'ils étaient des terres qui se déplaçaient puis disparaissaient. J'étais persuadé d'être dans un autre monde, un monde empreint de magie.
I/ Présentation du document 1
Lire le document
- qui parle ?
- quels sont les personnages présents dans le texte ?
- que raconte-t-il ?
Que nous apprend ce témoignage sur :
- les peurs d’Olaudah ?
- ses réactions ?
- la façon dont il perçoit les marins blancs ?
- les conditions de vie à bord d’un navire négrier ?
texte 2 Instructions de l’armateur au capitaine du navire négrier, La Jeune Eugénie, 1828 cité par Serge Daget dans La traite des Noirs, éditions Ouest-France Université, 1990 (pp.160-161).
Aussitôt que la cargaison sera à bord, et que vous serez prêt à mettre sous voiles, vous sortirez des fers dix à douze des meilleurs jeunes gens que vous utiliserez pour la cuisine, le lavage du pont, la propreté à bord, et tous autres travaux semblables (…)
« Après que vous serez entièrement hors de vue de terre, après l’île d'Annabon , vous pourrez en mettre d'autres hors des fers, spécialement ceux que vous trouveriez un peu malades, mais pensez à bien choisir, et ne les quittez pas des yeux, qu'aucun des hommes n'aient de conversations entre eux, et qu'aucun marin n'ait aucune relation avec eux, sauf votre ordre exprès. Chaque jour, autant que le temps le permettra, vous les garderez sur le pont, mais hors du soleil, dans l'après-midi, et à la nuit un homme les gardera (…)
« La nourriture sera donnée comme suit : une igname pour chaque homme fait par jour, et à l'avenant pour les plus petits. Lorsque vous donnerez du pain ou du riz le matin vous ajouterez un petit morceau de bœuf, mais avec les ignames vous donnerez de l'huile de palme et du poivre bouillis ensemble que vous mettrez sur les ignames. Dix hommes [Noirs] par marin. A chaque repas vous donnerez à chacun un petit litre d'eau mais s'il fait très chaud, vous en donnez à midi. Les repas sont à 10 heures du matin et trois heures de l'après-midi.
« Aussitôt que les nègres montent le matin, vous donnez à chacun une cuillerée de vinaigre et de l'eau pour le rinçage de la bouche, et de l'eau salée pour laver leur figure et leurs mains, et le chirurgien est là pour examiner les malades, laver leurs plaies et leur donner des médicaments, un morceau de savon et passer parmi eux chaque semaine pour nettoyer leurs dents.
« L'entrepont est gratté tous les deux jours, et les provisions sont examinées régulièrement toutes les semaines, pour voir si elles s'abîment. Lorsque vous quittez la Côte, vous devez avoir de 12 à 14 barils d'eau sur le pont, et autant de bois à brûler que vous pourrez embarquer. »
Sources : Arch. Nat. Section Outre-Mer, Généralités 166/1344
« Après que vous serez entièrement hors de vue de terre, après l’île d'Annabon , vous pourrez en mettre d'autres hors des fers, spécialement ceux que vous trouveriez un peu malades, mais pensez à bien choisir, et ne les quittez pas des yeux, qu'aucun des hommes n'aient de conversations entre eux, et qu'aucun marin n'ait aucune relation avec eux, sauf votre ordre exprès. Chaque jour, autant que le temps le permettra, vous les garderez sur le pont, mais hors du soleil, dans l'après-midi, et à la nuit un homme les gardera (…)
« La nourriture sera donnée comme suit : une igname pour chaque homme fait par jour, et à l'avenant pour les plus petits. Lorsque vous donnerez du pain ou du riz le matin vous ajouterez un petit morceau de bœuf, mais avec les ignames vous donnerez de l'huile de palme et du poivre bouillis ensemble que vous mettrez sur les ignames. Dix hommes [Noirs] par marin. A chaque repas vous donnerez à chacun un petit litre d'eau mais s'il fait très chaud, vous en donnez à midi. Les repas sont à 10 heures du matin et trois heures de l'après-midi.
« Aussitôt que les nègres montent le matin, vous donnez à chacun une cuillerée de vinaigre et de l'eau pour le rinçage de la bouche, et de l'eau salée pour laver leur figure et leurs mains, et le chirurgien est là pour examiner les malades, laver leurs plaies et leur donner des médicaments, un morceau de savon et passer parmi eux chaque semaine pour nettoyer leurs dents.
« L'entrepont est gratté tous les deux jours, et les provisions sont examinées régulièrement toutes les semaines, pour voir si elles s'abîment. Lorsque vous quittez la Côte, vous devez avoir de 12 à 14 barils d'eau sur le pont, et autant de bois à brûler que vous pourrez embarquer. »
Sources : Arch. Nat. Section Outre-Mer, Généralités 166/1344
II/ Présentation du document 2
Lire le document
III/ Comparer les deux documents- qui parle ?
- à qui s'adresse-t-il ?
- quel est l'objectif de celui qui parle ?
- que désigne le mot « cargaison » ?
- sur la surveillance des esclaves ?
- sur les conditions de vie à bord d’un navire négrier (nourriture, hygiène) ?
- Les deux textes fournissent des informations identiques à propos des conditions de vie des captifs pendant la traversée de l’Atlantique. Lesquelles ?
- Quelles impressions le témoignage d’Olaudah Equiano veut-il donner au lecteur ?
- Que nous font comprendre les « instructions » sur les organisateurs de la traite ?
Les activités proposées par le professeur.
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