image1. Bonnet phrygien
bonnet phrygien légende :

1/ Le bonnet de la liberté.
Un collage fait d'un véritable bonnet rouge de la liberté posé sur un carton peint à l'encre et à l'aquarelle représentant les deux rives de l'Atlantique et portant la légende suivante : "Le génie mériterait les chaînes s'il favorisait les crimes des tyrans. Souvenir du citoyen CVML. Il découvrit la direction des aérostats, 26 pluviôse an II"
Le bonnet de laine à cocarde tricolore est posé entre les deux rives de l'Atlantique avec, à gauche, un port français en train de brûler à l'intérieur de ses fortifications à la Vauban. Un ballon ayant la forme d'une montgolfière se livre au bombardement du port, tandis que de l'autre côté de l'océan, un aérostat d'un type futuriste lance le drapeau tricolore de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen sur les côtes de l'Amérique esclavagiste : un esclave qui l'a aperçu court vers le rivage, les bras tendus vers cette aurore de la liberté. Entre les deux rives, le bonnet rouge est présenté au spectateur comme la proposition fraternelle d'alliance entre les peuples et l'expression de la nécessaire construction d'humanité enfin une et non hiérarchisée, née libre et non esclave et ayant des droits. On peut voir ici que la conscience du bon usage des découvertes de la science est celle de l'humanisme des droits de l'homme et du citoyen propre à la période révolutionnaire.
La date du 26 pluviôse an II-14 février 1794 relie ce collage à la célèbre séance de la Convention montagnarde du 16 pluviôse - 4 février 1793 qui donna lieu à la déclaration d'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies françaises. On peut lire au dos du collage : "Bonnet révolutionnaire donné par Monsieur Auguste Hesse, peintre, membre de l'Institut, qui le tenait de son père, tailleur de la Convention rue de la Grande Truanderie en 1793." L'auteur du collage reste toutefois inconnu.
Cette œuvre se trouve au Musée de la Révolution française, à Vizille, voir le catalogue Premières Collections, Musée de la Révolution, 1985, p. 10 et 72.
Commentaire de cette image par Michel Vovelle in La révolution images et récits, tome III, p.104-105
« … le bonnet phrygien s’inscrit sur un paysage où des esclaves libérés s’émerveillent de l’ascension des aérostats de la liberté »
Commentaire du site américain Liberty, Equality, Fraternity Exploring the french revolution (http://chnm.gmu.edu/revolution/)
The attribute or element identifying the figure usually had a visual life of its own.
Hence the cap can appear in a composition even without the figure and convey the idea of Liberty. The French revolutionaries were particularly fond of symbols and allegories. This was because so many keywords during this period — such as Liberty, Equality, Fraternity, Unity, the Law, the People — were celebrated with a fervor that was until then reserved for the monarchy and for religion.
http://chnm.gmu.edu/revolution/chap12c.html
2/ L'histoire du bonnet phrygien.
Dans l’Antiquité, la Phrygie était un royaume situé au centre de l'Asie Mineure sur le plateau d'Anatolie (actuelle Turquie).
Les habitants y portaient ce bonnet d’une forme très reconnaissable, comme les Dieux qu’ils vénéraient. Parmi ceux-ci, Attis, à la fois fils et amant de la déesse Cybèle, ou encore plus célèbre, Mythra, un dieu d’origine iranienne. Le culte de ces Dieux s’est très tôt répandu en Grèce puis à Rome. Le bonnet phrygien était ainsi le symbole de l’Orient.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Bust_Attis_CdM.jpg
Buste d'Attis portant le bonnet phrygien, marbre de Paros, IIe siècle ap. J.-C, probablement pendant le règne d'Hadrien.

Mithra immolant un taureau
bas-relief en marbre - IIe-IIIe siècle
musée du Louvre
Dans la mythologie romaine, la déesse Libertas, symbole de la liberté, portait un bonnet rond ordinaire en feutre, le pilleus. Sur les anciennes représentations de Libertas, en particulier sur la monnaie impériale romaine, celle-ci tient un pilleus dans une main, et souvent une baguette (vindicta) de l'autre.

(http://elearning.unifr.ch/antiquitas/images/72B.jpg)
"Le motif de la Libertas (liberté) se rencontrait particulièrement sous la République, au cours du Ier siècle av. J.-C., car elle était le slogan des partis des populares et des optimates. Sous l'Empire, on ne voulait pas dire par ce biais que l'ancien ordre libéral de la République était restauré. La figure de la Libertas signifiait plutôt que les souverains, ou les usurpateurs, avaient libéré le peuple romain d'un tyran, ou promettaient de respecter et de tenir en haute estime la constitution en vigueur."
Les esclaves affranchis dans l'Empire romain, esclaves auxquels leur maître avait rendu la liberté et dont les fils devenaient des citoyens à part entière portaient eux aussi un bonnet. Petit à petit, le pilleus et le bonnet phrygien se sont confondus pour devenir un symbole de liberté. Ainsi les conspirateurs qui avaient assassiné César (44 av. J.-C.) parce qu’ils pensaient qu’il voulait supprimer la liberté, ont défilé ensuite dans les rues en arborant un bonnet phrygien au bout d'une pique.
Pendant la Renaissance, (vers 1570 aux Pays-Bas), les artistes et les graveurs prirent l‘habitude de représenter la liberté par un bonnet, sous la forme du bonnet phrygien, porté au bout d’une pique. Au XVIIIème siècle, les insurgés américains ont repris ce symbole. D’ailleurs, il figure sur le drapeau de l’Etat de New York.

Liberté sur la partie gauche, Justice sur la partie droite.
Les révolutionnaires français ont eux aussi fait du bonnet phrygien le symbole de la citoyenneté et de la République, puisque Marianne, le symbole de la République est officiellement représentée coiffée de ce bonnet.
Pièce de monnaie de 5 Francs français Commémorative du type Marianne révolutionnaire de la Cinquième République
Cupro-nickel
10,0 g29,0 mm
Tranche: striée
année 2000
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